Le Caire, ville accélerée

L'avion tourne, la ville est immense. Plus nous descendons, et plus la ville s'étend, au-delà de l'horizon. Au loin, à la limite, des formes géométriques que l'on devine au travers du nuage de poussières et de pollution : les Pyramides. De longues artères noires acheminent un nombre incalculable de voitures vers autant de destinations, et leurs pare-brise scintillent comme des lampes de poche en plein jour dans cette nuit grise. Le Caire est une ville qui prend physiquement ; ville gluante, ville matière, quintessence de vie, création innée, élaboration millénaire, lente construction, sans progrès, tout en lenteur, où les hommes marchent lentement, écrasés par la chaleur et par eux-mêmes ?


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Le Caire, été 2007.

Récit de voyage publié dans Libération, 14 novembre 2008.