Limite
(2011)
Au cours d’un voyage, j’ai cru être le personnage principal d’un roman où il ne se passe rien, et où l’ennui est trompé par l’illusion exaltée des paysages.
J’avais atteint une sorte de limite géographique, celle de l’éloignement ; j’avais aussi atteint une limite psychologique, celle qui flotte entre l’illusion et le réel, et que je ne parvenais à réconcilier qu’en plaçant la ligne d’horizon au centre de mon viseur.
La limite explore les notions de vide, d’attente et de frontière, renvoyant au cliché convenu du road-trip désabusé, tout en cherchant à faire émerger cette impression douce-amère d’un calme frisant l’inquiétude.
Ce projet, réalisé en 2011, constitue surtout une réflexion sur la photographie, que Antoine d’Agata désigne comme « un art de la présence ».
J’ai toujours été intrigué par la capacité de la photographie à signifier, en tout premier lieu, la présence physique du photographe face à ce qu’il voit. La limite cherche donc à mettre en pratique cette notion de présence, à travers un acte photographique systématisé, un peu à la manière d’une performance lente et sans spectacle.